Donald Trump article lu Podcast niveau B2-C1 – PARLEZ-VOUS FRANCAIS ?

« Notre reporter a passé un week-end à Mar-a-Lago (Floride), la résidence secondaire du flamboyant milliardaire, en compagnie de ses soutiens les plus fidèles. Une occasion unique de déchiffrer l’univers et les intentions de l’homme d’affaires républicain qui pourrait bien devenir le prochain président des États-Unis.

Debout dans la pénombre d’un grand salon à la lumière tamisée où trône un gigantesque bouquet de roses fuchsia, Guido George Lombardi accueille ses invités à Mar-a-Lago, la fameuse résidence secondaire de Donald Trump, qui est aussi un club exclusif très privé pour milliardaires et millionnaires triés sur le volet, à Palm Beach, en Floride. «Bienvenue», lance-t-il à quelques femmes endimanchées qui, coiffées de chapeaux à voilette noirs ou jaune canari comme pour un mariage, pénètrent dans la luxueuse résidence pour la première fois. Des serveurs glissent entre les invités pour offrir des rafraîchissements. Les lustres de cristal étincellent. La vaste pièce ouvre sur une véranda prolongée par des marches qui descendent vers une piscine à l’eau bleu clair. Au loin, on devine la mer. «S’il vous plaît, prenez un verre», dit Guido Lombardi.

Mince et discret, l’œil vif, cet homme d’affaires d’origine italienne, qui a gardé l’accent du pays, se présente comme un ami «de trente ans» du milliardaire. Guido, qui a fait sa carrière dans le commerce des diamants, puis l’immobilier après avoir émigré en 1971 et commencé sa carrière «en vendant des images de New York» sur le pavé de Manhattan, a connu Donald Trump dans les années 80 et acheté un appartement dans la célèbre tour Trump que le promoteur immobilier s’est fait construire sur la 5e Avenue. Il y habite au 63e étage, alors que Donald, lui, vit aux 66e et 67e étages. Les deux amis sont voisins.

Les milliardaires de Palm Beach membres de Mar-a-Lago viennent souvent déjeuner en famille. Ce dimanche, le brunch est somptueux, avec caviar et fruits de mer. À la table 42, on aperçoit Bill Koch, l’un des célèbres frères milliardaires du pétrole. Il ne soutient pas Trump. «Pour ces gens-là, Donald est un parvenu. Eux se voient comme une aristocratie de l’argent, ce qui ne les empêche pas de fréquenter son club. Mais lui parle le langage du peuple, il n’a pas de comptes à leur rendre», glisse Lombardi.

Quand Donald Trump se lance dans la course présidentielle le 16 juin dernier en promettant de «rendre sa grandeur à l’Amérique», les élites politiques et médiatiques éclatent de rire. Le nabab de l’immobilier new-yorkais, qui fait la une des magazines people, avec ses goûts ostentatoires, ses trois mariages et ses frasques, candidat à la course républicaine? Impossible! Pour eux, ce milliardaire à l’ego surdimensionné, qui a construit des tours à travers l’Amérique et le monde, y inscrivant son nom en grosses lettres, ne peut être un candidat sérieux!

Mais le peuple, lui, prête l’oreille quand il entend Trump lui promettre de construire un mur sur la frontière avec le Mexique et de ramener les usines en Amérique. Il aime que Trump dénonce l’immigration illégale sans détours et applaudit son rejet des accords de libre-échange et plus généralement de l’idéologie globaliste des élites, de même que ses saillies sur leur «stupidité» et «leur corruption». Il n’est pas choqué par son discours sur les dangers de l’islam radical voyant en lui «un shérif» capable de remettre de l’ordre. Résultat, Trump a été projeté au sommet des sondages pour ne plus jamais en redescendre. En dix mois d’une campagne stupéfiante qui a fait exploser tous les codes traditionnels, l’homme d’affaires a éliminé impitoyablement ses 16 adversaires, dont plusieurs gouverneurs et sénateurs chevronnés à coups de tweets assassins et d’insultes souvent triviales, pour finalement se retrouver seul en piste, au cours d’une campagne très économe en moyens et personnel. Utilisant essentiellement son intuition, son génie de la communication et son compte Twitter pour dominer toute la campagne. «Ce qu’il a accompli sera étudié dans les départements de science politique et les facs de journalisme pendant des décennies», a commenté l’ancien speaker de la Chambre des représentants Newt Gingrich, qui s’est rallié à lui.

«Je ne fais pas partie de la campagne, cela me rend plus libre», confie Guido Lombardi, précisant qu’il s’exprime de manière «non officielle». Il ajoute en riant que Donald ne l’écoute «pas toujours». Passionné de politique, il a travaillé avec Umberto Bossi en Italie au sein du parti de droite musclée de la Ligue du Nord, puis conseillé Berlusconi. Il ne cache pas le rôle de conseiller de l’ombre qu’il joue auprès du milliardaire, notamment sur le front international. Hostile à une Union européenne dont il dénonce l’impuissance et les frontières passoires, il a organisé le voyage de Marine Le Pen en 2011 aux États-Unis, sans toutefois réussir, depuis, à mettre sur pied une rencontre entre la politicienne française et Trump. «Donald est totalement concentré sur les États-Unis et la campagne», dit-il. Du coup, il s’est impliqué dans la campagne à travers le mouvement informel Citoyens pour Trump, qu’il a lancé sur les réseaux sociaux. «Guido fait partie du cercle des intimes», affirme Rosine Ghawji, une Franco-Américaine de Memphis, très engagée dans le mouvement Tea Party et le soutien au milliardaire. Une porte d’entrée décidément passionnante pour en savoir un peu plus sur l’univers de l’homme d’affaires new-yorkais à la tignasse jaune orangé qui a déboulé sur la scène politique il y a un an comme un ouragan, réalisant une OPA sur le Parti républicain.

La campagne Trump reste en effet quasiment inaccessible aux journalistes étrangers. Les demandes d’interviews se soldent généralement par un e-mail de refus poli de la conseillère de presse Hope Hicks, 28 ans – sorte de cerbère de rêve à talons hauts qui garde la porte de l’accès à Trump cadenassée. La résidence Mar-a-Lago, qui pourrait devenir le Camp David du Président si Donald Trump gagne l’élection est presque aussi inaccessible.

Ce week-end de mai, qui coïncide en Amérique avec la fête des Mères, Lombardi y a convié une trentaine de fidèles de Trump, qui animent ses réseaux dans les États. À la stupéfaction générale, le milliardaire a ramassé les 1237 voix nécessaires pour devenir le nominé du Parti républicain, qui se déchire encore sur le fait de savoir s’il doit ou non le soutenir. La réunion est donc orientée vers la manière de préparer la bataille contre Hillary Clinton, quasi assurée de battre Bernie Sanders, dans le camp démocrate, malgré les sueurs froides que lui donne toujours son adversaire.

Dans la salle à manger attenante au salon, où les invités se rassemblent pour le déjeuner, Guido Lombardi prend la parole pour raconter comment il a lancé un mouvement pro-Trump de plusieurs centaines de milliers de personnes sur les réseaux sociaux, qui s’est transformé en une multitude d’organisations, comme Les Motards pour Trump ou Les Femmes pour Trump… «Le problème n’est pas Hillary, mais l’opposition à laquelle nous continuons de faire face dans l’establishment du parti», dit-il. Chuck Smith, un ancien marine afro-américain devenu avocat, qui entend se présenter au poste d’Attorney General de Virginie, explique que «seul Trump peut sauver le bateau Amérique perdu en mer, car il n’est pas vendu aux intérêts des donateurs financiers». «Nous avons besoin de quelqu’un qui lutte contre la corruption politique des faux républicains, et qui défende notre Constitution», martèle-t-il. Joe Kaufman, qui brigue un siège de représentant en Floride, dit être très actif «contre les projets d’introduction rampante de la charia par les Frères musulmans». «Je ne suis pas choqué par l’idée de Trump de bloquer temporairement l’entrée des musulmans aux États-Unis, déclare Guido. Avant, on demandait aux communistes de dire qu’ils reconnaissaient la primauté des lois américaines à leur arrivée, on devrait faire la même chose avec les musulmans afin qu’ils comprennent que la charia n’est pas au-dessus des lois du pays.» Les applaudissements fusent. Kenny Lee, un chanteur de country du Tennessee en chapeau de cow-boy noir, qui va animer la séance avec sa guitare et sa chanson The Trump card, confie qu’il regrette d’avoir voté Obama en 2008. «Quand tu traces une ligne rouge, respecte-la, sinon qui te respectera toi?» dit-il à propos du choix de ne pas intervenir en Syrie. Cet homme, qui respire le pays profond sudiste, précise qu’il votera Trump parce qu’il préférerait «lui confier sa vie plutôt qu’à Obama ou Clinton». Ces jours-ci, il sillonne le pays en bus pour le soutenir. » Article du Figaro du 10 juin 2016

Donald Trump article lu Podcast niveau B2-C1

11 avis sur « Donald Trump article lu Podcast niveau B2-C1 »

  • 11 juillet 2016 à 15 h 41 min
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    Bonjour Patricia,
    Merci pour cet article excellent qui est est réservé aux abonnés. Je me souviens que l’ai retrouvé dans le Figaro, mais je ne suis pas abonnée donc je ne pouvait lire que quelques phrases. Il me plaît beaucoup le style de cet article. Son style est ressemble au style d’un écrivain français bien connu, mais je ne peux pas inventer qui est cette personne.
    Pour dire la vérité, pour le contenu politique de cet article, je ne m’en fiche guère, mais les phrases sont géniales ! Comme si on lirions un roman de Christian Signol ou de Marcel Pagnol !
    Et il y a beaucoup de mots et quelques tournures français inconnus pour moi, par exemple : sur le pavé de ; le nabab ; goût ostentatoire ; la frasque ; l’ego surdimensionné ; prêter l’oreille, etc…
    Bref, merci encore une fois pour cet audio et cet article. Je vais l’étudier pendant des jours.
    Merci beaucoup Patricia !
    Cordialement,
    frelon

  • 11 juillet 2016 à 17 h 55 min
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    Bonjour de nouveau Patricia, j’ai une question : La phrase citée, « Il n’a pas de comptes à leur rendre. » , elle veut dire il n’a aucune responsabilité vers ses invités ?
    J’attends votre réponse, merci d’avance.
    frelon

    • 21 juillet 2016 à 14 h 54 min
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      Bonjour Frelon, désolée pour la réponse tardive…
      Cette phrase veut dire qu’il ne leur doit (devoir) rien, il ne doit pas leur faire un compte rendu de ce qu’il fait, il est libre en somme. Compris ??

      • 21 juillet 2016 à 16 h 48 min
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        Merci Patricia pour la réponse, je comprends bien. J’espère que le week-end a passé bien pour vous.
        A bientôt,
        frelon

        • 21 juillet 2016 à 19 h 14 min
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          Oui, bonjour Frelon, mon week end s’est bien passé, j’avais fait des vidéos du puy en Velay et j’ai malheureusement tout supprimé sans le vouloir, donc pas de vidéo 🙁

  • 19 juillet 2016 à 22 h 42 min
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    Bonjour Patricia,
    Donald Trump est un type qui réussit à se faire rémarquer, peut être c’est en raison de la coiffure bizarre:) … Je ne sais pas.
    C’est un article bien écrit qui contient plusieurs nouveaux mots intéressants. Un sympa défi.
    Merci beaucoupe.
    À bientôt.

    • 21 juillet 2016 à 14 h 48 min
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      Salut John, tu crois que ce sont ses vrais cheveux ?? Lol
      Mis à part la plaisanterie, c’est vrai qu’il réussit à se faire remarquer. Au début, tout le monde se moquait de lui en disant qu’il n’irait pas loin et maintenant, regarde le chemin qu’il a parcouru, c’est incroyable ! Je ne sais pas s’il peut gagner aux prochaines présidentielles…ça fait peur quand même. Bonne journée

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